Paysan à quel prix?


Envoyé spécial: La fin des petits paysans?

Le bonheur est-il dans le pré ? Les agriculteurs font tout pour protéger leur environnement mais le taux croissant de suicides dans cette profession est alarmant.





Documentaire France 3 Alpes: 
http://alpes.france3.fr/emissions/enquetes-de-regions-rhone-alpes

Exprimer sa souffrance et accepter d’être aidé

Texte lu sur: info-dépression.fr
Dire ce que l’on ressent à des personnes de confiance quand on va mal est un conseil valable pour tout le monde, à tout moment de la vie. Revenir sur une expérience douloureuse, la partager avec un proche, pleurer si l’on en a envie… tout cela fait partie d’un processus naturel qui permet d’aller mieux.
Bien sûr, quand on souffre de dépression, il n’est pas évident de parler de ses sentiments et de ses émotions. Cette maladie génère en effet une culpabilité, un sentiment d’échec et un fatalisme tels qu’on a l’impression que toute aide extérieure est inutile. Cette impression est fausse, évidemment. Il existe des traitements efficaces de la dépression et l’entourage peut jouer un rôle non négligeable dans l’accompagnement de ces traitements
C’est pourquoi, autant que possible, même si c’est parfois difficile, il est particulièrement important d’accepter d’être aidé, d’exprimer ce que l’on ressent, de faire confiance aux personnes qui nous aiment, en chassant de nos pensées l’idée qu’elles nous considèrent comme un enfant, comme un « être inférieur » ou comme un « malade mental ».
Il est également essentiel, une fois l’aide acceptée, de ne pas se laisser envahir par un sentiment de mauvaise estime de soi, ou par la crainte d’être jugé ou déconsidéré, que ce soit par ses proches ou par son médecin. Par son médecin, en particulier, car cela pourrait conduire à lui dissimuler certaines informations essentielles au diagnostic et aux traitements (réalité de la prise du traitement, effets indésirables, niveau réel de souffrance…).

Témoignage

Marc,
agriculteur, 49 ans

« Il ne faut pas avoir peur de parler. Il ne faut pas avoir honte.
Il faut essayer de sortir ce qu’il y a au fond de soi
parce que sinon à force ça finit par craquer. »

 

NB: A l'association ARSFP, on préconise dans la mesure du possible, d'en parler à un professionnel de santé (médecin, psychologue, Centre médico-psychologique) tenu par le secret médical.

UNE FAMILLE, UN TOIT

TEXTE LU sur le site: Des frères missionnaires et soeurs des campagnes


L’association Une Famille, Un Toit est née à l’automne 1996 lors d’une manifestation devant le Tribunal de Grande Instance d’Aix en- Provence; il procédait ce matin-là à la vente aux enchères publiques de la maison d’un paysan mis en liquidation judiciaire.
Y adhèrent alors une soixantaine d’agriculteurs, la majorité d’entre eux directement concernés par une éventuelle vente de leurs maisons.
L’objectif de l’association est de permettre aux familles de rester sous leur toit, non plus en situation de propriétaires mais de locataires, préservant leur vie familiale, sociale et leur dignité.

Une initiative d’abord privée

L’association achète deux maisons, en contractant un emprunt rendu possible par le cautionnement du Secours catholique. Le montant des loyers correspond au montant du remboursement. Mais la situation des agriculteurs se dégrade rapidement et Une Famille, Un Toit n’a pas la possibilité de porter dix, quarante maisons ou plus.

Elle met alors en place deux sociétés civiles immobilières à but non lucratif : une SCI familiale et une SCI solidaire. Le montant du prix de la maison négocié auprès des créanciers, souvent la banque, est divisé en parts de cent cinquante euros chacune. Dans la SCI familiale, les sociétaires, parents, enfants, fratrie, apportent une mise de fonds de départ, le reste est emprunté. Dans une SCI solidaire, composée d’amis, la totalité est empruntée sur une durée de quinze ans.
Quand l’emprunt est totalement remboursé, la maison appartient à nouveau à son premier propriétaire. Une vingtaine de SCI ont ainsi vu le jour. Bien sûr, il y a un risque majeur : que le locataire ne puisse plus payer le loyer ; l’emprunt n’étant plus remboursé, la maison doit être vendue…

Un soutien public

Mais les crises économiques successives dues à la mévente des fruits et légumes touchent de plus en plus l’agriculture à structure familiale. Les agriculteurs ont souvent sous le même nom exploitation, maison, voiture. Avec des dettes trop importantes, la vente de l’exploitation ne suffit plus à `boucher le trou´et les familles perdent tout, y compris leur toit.

Devant le nombre croissant des demandes de soutien et face aux incertitudes de l’avenir, Une Famille, Un Toit et SOS Paysans 13 lancent auprès des élus et des pouvoirs publics une réflexion sur la situation économique désastreuse des agriculteurs et ses conséquences sur leur logement.

Un protocole est signé en avril 2001 avec divers partenaires: la préfecture, le conseil général - il s’engage financièrement pour chaque maison -, l’OPAC sud (office des HLM), la Caisse des dépôts et consignations - elle accorde un prêt à l’office des HLM pour l’achat et les travaux de mise en conformité -, et enfin l’Association Abbé Pierre et les Compagnons bâtisseurs.

L’OPAC sud achète la maison au prix estimé par les Domaines et la loue à la famille avec un loyer fluctuant comme sa capacité de remboursement. La maison privée devient logement social, propriété des HLM. Ceux-ci se sont engagés à la revendre à son premier propriétaire après quinze ans, mais nous n’en sommes pas encore là. Une cinquantaine de familles ont ainsi été maintenues dans leur logement. Pour l’élaboration de ce projet, nous avons rencontré plusieurs personnes : des employés de l’administration écoutant et sensibilisés à ces problèmes, désirant eux aussi faire bouger les choses, une juge du tribunal compréhensive, un collectif d’associations et des paysans solidaires avec ceux qui sont confrontés à de graves difficultés.

Peut-on accepter qu’un paysan et sa famille soient mis dehors de leur maison à cause de leurs difficultés professionnelles? L’engagement à Une Famille, Un Toit a été pour nous un moyen fort de montrer l’efficacité de l’action d’un groupe de personnes décidées, n’acceptant pas le cours des choses quand la justice fait défaut.

Henri et Geneviève CESTIER
Eyragues (Bouches-du-Rhône)